Droit de l'homme Mali

INTENSIFIER LA LUTTE CONTRE LA TRAITE DES ENFANTS MALI


Bamako et Ouagadougou ont décidé d'intensifier la lutte contre la traite des enfants


DES NOUVELLES DISPOSITIONS.
Pour renforcer les actions de prévention et de protection des victimes, les participants ont préconisé la création d'un système d'alerte à travers la mise à disposition d'un numéro vert et l'organisation d'opérations conjointes de police le long des frontières.
Le directeur national de la Promotion de la femme, de l'enfant et de la famille, le Dr Alou Barry, a jugé que la traite des enfants était étroitement liée aux problèmes économiques et sociaux de l'ouest et du centre de l'Afrique. À l'origine, ce trafic s'explique notamment par une vieille tradition d'émigration et par un développement inégal entre pays voisins. La perception et la définition de la traite des enfants varient ainsi en fonction du pays d'origine, de transit et de destination. "Chaque pays se base sur sa propre conception du travail des enfants pour définir les objectifs politiques, les lois d'application et les mesures à prendre pour lutter contre ce problème. Les pays d'origine de la traite d'enfants, comme le Mali, le Burkina Faso, le Togo ou encore le Bénin, sont plus conscients de la problématique que les pays de transit ou de destination, comme la Côte d'Ivoire", a constaté Alou Barry. Les gouvernements malien et burkinabé ont, par conséquent, décidé d'unir leurs forces pour combattre le phénomène, a-t-il confirmé.
Notre pays a ainsi élaboré et mis en exécution un plan d'action d'urgence de lutte contre le trafic des enfants entre notre pays et la côte d'Ivoire (2000 -2001) et un plan d'action national de lutte contre le trafic des enfants (2000-2006), a indiqué le directeur national de la Promotion de la femme, de l'enfant et de la famille.
"Notre pays a réaffirmé son engagement à combattre le phénomène d'exploitation des enfants à travers son adhésion aux traités ou accords bilatéraux et multilatéraux. Avec la signature de cet accord entre le Mali et le Burkina, notre pays a entrepris des actions multiformes visant à renforcer le dispositif de prévention, de protection, de répression, de partenariat et de rapatriement dans le cadre de la lutte contre le phénomène", a rappelé le Dr Aliou Barry.

DES ACTIONS SALUTAIRES.
C'est ainsi que dans le domaine de la prévention, le nombre de structures de surveillance communautaires (SSC) est passé de 286 à 441 entre 2006 et 2009. En outre, plus de 2583 enfants à risque ou victimes ont été réinsérés de façon durable à travers leur inscription à l'école et dans les centres de formation. Dans les domaines de la protection et du rapatriement, une cartographie des centres d'accueil et d'hébergement a été dressée tandis que de 2007 à 2009, 175 enfants victimes de traite étaient identifiés et rapatriés dans leurs familles.
La représentante adjointe de l'Unicef au Burkina Faso, Mme Sylvana Nzirorera, a rappelé que la traite des enfants était un problème de portée mondiale. Certaines estimations font état près de 1,2 million d'enfants victimes de la traite chaque année. Malheureusement, a t-elle relevé, les enfants et leurs familles sont peu conscients des dangers du phénomène. Et les enfants sont essentiellement utilisés comme des travailleurs domestiques, mais aussi à des fins d'exploitation sexuelle et pour travailler dans des magasins ou des fermes. Près de 90 % de ces travailleurs domestiques sont des filles.
Des enfants originaires du Togo, du Mali, du Burkina Faso et du Ghana font l'objet d'une traite à destination du Nigeria, de Côte d'Ivoire, du Cameroun et du Gabon. Mme Sylvana Nzirorera a jugé important à ce propos d'élargir les rencontres dans la sous-région afin de faire des économies d'échelle et d'élargir le champ d'expérience et de lutte contre un phénomène qui compromet l'avenir de nos pays.
À en croire le ministre de la Promotion de la femme, de l'enfant et de la famille la rencontre a été un franc succès au regard de la pertinence des recommandations. Mme Maïga Sina Damba a souligné que les résultats obtenus grâce à l'accord sont imputables à la volonté des plus hautes autorités, à la synergie d'action de l'ensemble des acteurs et surtout à l'adhésion des communautés aux actions et stratégies de lutte contre le phénomène. Des actions méritent d'être engagées dans le domaine de l'élaboration et de la mise en œuvre d'un programme national de réinsertion des enfants victimes de traite, a-t-elle estimé.
Saluant le « réel outil stratégique de lutte contre la traite des enfants » qu'est l'accord, elle a néanmoins constaté qu'en dépit « des efforts fournis le phénomène prend de l'ampleur et se manifeste sous diverses formes parfois difficiles à cerner ».
Le ministre de l'Action sociale et de la solidarité nationale du Burkina Faso, Mme Pascaline Tamini, a préconisé dans le même sens, un programme commun plus élargi prenant en compte des thèmes transversaux tels que l'excision, le mariage forcé et la mendicité juvénile qui font l'objet de pratiques transfrontalières.
Signalons qu'en marge de la rencontre, Mme Maïga Sina Damba a visité le centre d'accueil, d'écoute et de réinsertion sociale ainsi que l'Agence régionale pour les adoptions internationales de Ouagadougou.

rapport droit de l'homme mali 2012 pdf

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FIDH mali


Une coalition d’ONG béninoises et internationales accueille avec satisfaction les Observations finales adoptées par le Comité des Droits de l’Homme à la suite de l’examen en octobre 2004 du rapport initial du Bénin.
La coalition d’ONG, formée de l’Association des Femmes Juristes du Bénin (AFJB), Enfants Solidaires d’Afrique et du Monde (ESAM), Human Rights Task Group (HRTG), la Ligue pour la Défense des Droits de l’Homme au Bénin (LDDHB), la FIDH, et l’OMCT, a présenté deux rapports alternatifs sur la situation au Bénin durant la 82ème session du Comité des Droits de l’Homme du 18 octobre au 5 novembre 2004 à Genève, session durant laquelle le rapport initial du Bénin sur la mise en œuvre des droits contenus dans le Pacte International des Droits Civils et Politiques, rendu avec plus de dix ans de retard, a été examiné par le Comité.1 La coalition se félicite de la rencontre avec les membres du Comité qui lui a permis de faire part de ses sujets de préoccupation relatifs au climat général d’arbitraire et de corruption, à la question de l’égalité entre hommes et femmes, et à la situation des enfants. 


fidh


AMNESTY INTERNATIONAL MALI

Les autorités maliennes doivent immédiatement remettre en liberté cinq enfants qui sont maintenus en captivité depuis plus de sept mois dans un centre de détention militaire, a déclaré Amnesty International samedi 30 novembre à l’occasion du lancement, à Bamako, de son rapport Agenda pour les droits humains.
Une délégation d’Amnesty International menée par le secrétaire général, Salil Shetty, a rencontré les cinq adolescents, âgés de 15 à 17 ans, dans le centre de détention de Camp 1 de la gendarmerie, à Bamako.
L’un d’eux est un enfant soldat qui avait rejoint le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Les quatre autres ont été arrêtés en raison de leurs liens supposés avec des groupes armés.
« Nous avons été horrifiés à la vue de ces jeunes garçons, traumatisés, détenus avec des adultes dans des conditions déplorables, a déclaré Salil Shetty. Il s’agit d’une violation évidente du droit national et du droit international, et ils doivent être immédiatement remis en liberté. »
« Des enfants ne doivent que rarement, voire jamais, être maintenus en détention. L’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale dans tout acte qui concerne des enfants. »

Un des garçons, âgé de 16 ans, a été arrêté à Kidal par les forces de sécurité maliennes il y a plus de deux mois, alors qu’il sortait d’un magasin et qu’une grenade a explosé de l’autre côté de la rue. Les agents l’ont accusé d’avoir lancé la grenade et l’ont frappé, lui ont bandé les yeux et ont attaché ensemble les mains et les pieds. Ils l’ont aussi brûlé avec une cigarette sur les bras.
Un autre garçon, de 15 ans, extrêmement pauvre, a rejoint le MUJAO car il avait entendu dire qu’il payait ses recrues. Il a quitté le mouvement au bout de plusieurs mois, sans avoir jamais été payé, et il a été arrêté par les forces de sécurité maliennes dans son village natal de Kadji, près de Gao. Les soldats maliens l’ont ligoté et frappé dans le dos, et ils lui ont bandé les yeux.

« Les autorités maliennes nous ont assuré qu’elles n’avaient aucun enfant soldat en détention, mais il est évident que cela n’est pas vrai, a déclaré Salil Shetty. Le gouvernement a signé en juillet 2013, avec l’ONU, un protocole visant à la libération, au transfert et à la protection des enfants associés à des groupes armés, et il doit respecter ses engagements. »
Le rapport que lance Amnesty International aujourd’hui, Agenda pour les droits humains, demande que des enquêtes approfondies et indépendantes soient menées sur les graves atteintes aux droits humains commises au cours des deux dernières années par toutes les parties au conflit.

Depuis le début de la crise, Amnesty International a rassemblé des informations sur 14 homicides illégaux perpétrés par des groupes armés dans le nord du pays, et sur d’autres atteintes terrifiantes aux droits humains. Un couple a ainsi été lapidé à mort en juillet 2012 pour avoir eu des relations sexuelles hors mariage et, en septembre 2012, six personnes ont subi l’amputation de la main droite et du pied droit devant une foule, à Gao. Les mains et les pieds amputés ont ensuite été exposés au commissariat de police.
Le rapport fait aussi état de l’exécution extrajudiciaire dont auraient été victimes au moins 40 civils accusés d’être proches des groupes armés. Les chercheurs d’Amnesty International ont parlé avec un homme qui a vu des soldats jeter des corps dans un puits à Sevaré, en janvier 2013. Une puanteur pestilentielle se dégageait du puits.

Le procureur de Sevaré a indiqué qu’il avait diligenté une enquête sur ces homicides mais, à ce jour, Amnesty International n’a reçu aucune information sur les résultats de ces investigations.
La délégation d’Amnesty a rencontré les familles des plus de 20 soldats qui ont disparu après avoir été enlevés du camp militaire de Kati en mai 2012. Ils étaient soupçonnés d’avoir fomenté un contre coup d’État contre le général Amadou Haya Sanogo, qui avait dirigé le coup d’État de mars 2012 au Mali. Les familles des victimes se réjouissaient de la détention du général Sanogo, qui a été arrêté et inculpé de meurtres, assassinats et séquestration mercredi 27 novembre 2013.
Sagara Binto Maïga, présidente du Collectif des épouses et parents des bérets rouges disparus, a déclaré : « Depuis la disparition de nos fils et de nos maris, nous n’avons aucune nouvelle. Nous voulons savoir où ils sont, ce qui leur est arrivé et s’ils sont en vie ou non. »
Elle a ajouté : « Nous avons finalement obtenu un rendez-vous avec le ministre de la Défense cette semaine. Nous lui avons dit que nous marcherions nues s’il ne nous disait pas ce qui est arrivé à ceux qui nous sont chers. Nous avons donné comme date limite l’arrivée de la délégation d’Amnesty International. Il nous a dit d’être patientes et qu’ils faisaient ce qu’ils pouvaient. Le lendemain même, Sanogo a été arrêté et inculpé. »
« Amnesty International a pris connaissance avec satisfaction des efforts déployés par le gouvernement pour rétablir la justice et l’État de droit, a déclaré Salil Shetty. Nous prions le gouvernement de veiller en permanence à ce que des enquêtes approfondies et transparentes soient menées sur toutes les allégations faisant état d’atteintes aux droits humains, conformément aux dispositions du droit international. »

Amnesty International a aussi recueilli des informations sur des cas de viol et autres sévices sexuels infligés à des femmes et des jeunes filles par des membres de groupes armés, dont le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA).
Une jeune fille de 16 ans a déclaré aux chercheurs d’Amnesty International qu’elle avait été violée à de nombreuses reprises pendant deux jours par des membres d’un groupe armé qui l’avaient capturée à Gao, la ville où elle vivait. L’organisation demande l’ouverture d’une enquête sur les allégations de violences sexuelles, la poursuite en justice des auteurs présumés de ces faits et la mise en place de programmes d’aide afin que les victimes bénéficient d’une assistance médicale et psychologique.
« La population malienne est profondément traumatisée par les événements de ces deux dernières années, a déclaré Salil Shetty. Veiller à ce que l’ensemble des responsables présumés de violations des droits humains soient déférés à la justice est indispensable à la construction d’une paix durable au Mali. C’est la seule manière d’aider le pays à tourner cette page douloureuse de son histoire. »
La Cour pénale internationale a annoncé en janvier 2013 qu’elle ouvrirait une enquête sur les crimes de guerre commis au cours de la dernière année du conflit. Amnesty International accueille cette décision avec satisfaction mais exhorte le procureur à s’intéresser à l’ensemble des allégations de crimes dans le pays, notamment aux violations imputées aux forces maliennes de sécurité.


amnesty

AVOCATS SANS FRONTIERES MALI RENTRE EN ACTION A KOULIKORO

 

Droit de l'homme :

Avocats Sans Frontières Mali rentre en action à Koulikoro
Après le lancement officiel du projet “Tours Juridiques au Mali” qui a eu lieu le 23 juillet 2008 lors d'une conférence de presse tenue au siège d'Avocats Sans Frontières (ASF-Mali) à Badalabougou en commune V du District de Bamako par Me Hamadi Karembé, président de ASF-Mali et Me Hugo Jombwe, directeur de Avocats Sans Frontière France, c'est l'étape de l'exécution des différentes activités dudit projet qui vient d'être entamée.
Il est à rappeler qu'Avocats Sans Frontières couvrira les régions de Koulikoro, Ségou et Sikasso.
Il comporte trois axes :

  • l'information juridique pour les populations et les détenus des localités concernées,
  • l'assistance judiciaire aux détenus des cas les plus emblématiques avec une priorité aux femmes et aux mineurs,
  • le renforcement des capacités des acteurs judiciaires et la facilitation de leur collaboration dans la perspective du respect des droits de l'homme.

Dans les localités concernées, des prisons seront visitées, la parole sera donnée aux détenus, des audiences spéciales seront organisées pour l'occasion.
L'ambition nourrie par Avocats Sans Frontières-Mali est d'aller dans le Mali profond, dans les maisons d'arrêt, les commissariats de police, dans les camps de gendarmerie à la rencontre des détenus pour plaider leur cause afin qu'ils recouvrent leur liberté.
C'est là une tâche difficile mais une exaltante mission que l'association Avocats Sans Frontières Mali et ses partenaires se proposent d'exécuter pour une première fois au Mali.
En effet, une délégation forte de plus d'une quinzaine d'avocats maliens, sénégalais, français et des hommes de presse, conduite par Maître Hamadi Karembé, Président des ASF Mali, effectue du 6 au 10 octobre 2008, une visite de travail à Koulikoro.

A Koulikoro, la délégation a visité la prison qui regorge plus de 140 détenus en vue d'une consultation auprès des détenus, de la population. Il s'agit de militer pour la défense des droits des détenus, de former et de sensibiliser les acteurs judiciaires.
La visite a permis de rencontrer les autorités judiciaires de la deuxième région du Mali.
Dans son intervention, le président d'Avocats Sans Frontière Mali (ASF-Mali), Me Karembé a dénoncé le comportement de certains juges qui refusent de diligenter certains dossiers pour des considérations partisanes, de certains gendarmes ou policiers qui font du zèle en maintenant d'innocents citoyens en garde-à-vue pendant plus de trois jours.
Il dira par ailleurs que ce projet vise à promouvoir l'accès au droit, plus particulièrement pour les populations les plus démunies; à participer au renforcement de l'aide juridictionnelle pour garantir aux détenus les plus défavorisés l'accès à un avocat et enfin à contribuer à l'accès au droit et à la justice des personnes détenues.
Le Procureur de la République près du Tribunal de Première Instance de Koulikoro, Mohamadou Bakayoko, a salué cette initiative prise par l'Association Avocats Sans Frontières-Mali pour désengorger l'univers carcéral. « Si votre association qui est un mouvement composé de bénévoles qui œuvrent et plaident en faveur du respect des droits de l'être humain peut faire le tour des différentes prisons du Mali, il sauvera pas mal d'âmes », a-t-il déclaré
La journée du 07 octobre a permis aux différents avocats de plaider pour la cause de plusieurs dossiers dont des libérations.
Il est à noter que le projet a coûté 70 millions de FCFA et est financé par l'Union Européenne à travers le Programme Ariane (Appui et Renforcement des Initiatives des Acteurs Non Etatiques).
Gnimadi Destin



asf

DECLARATION DES DROIT DE L'HOMME


  Préambule
Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme.
Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression.
Considérant qu'il est essentiel d'encourager le développement de relations amicales entre nations.
Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.
Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.

L'Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

Article premier
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Article 2
1.Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2.De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.
Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Article 4
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
Article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Article 6
Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.
Article 7
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.
Article 8
Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.
Article 9
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.
Article 10
Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.
Article 11

1. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.
Article 12
Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
Article 13
1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.
Article 14
1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.
Article 15
1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.
Article 16
1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat.
Article 17
1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.
Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.
Article 19
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Article 20
1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.
Article 21
1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.
Article 22
Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.
Article 23
1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.
Article 24
Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.
Article 25
1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.
Article 26
1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.
Article 27
1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.
Article 28
Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.
Article 29
1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.
Article 30
Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.


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